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Une brève histoire du Cinema-ye Azad (1969-1979)

Une brève histoire du Cinema-ye Azad (1969-1979)

Bassir Nassibi est mort le 9 février dernier, à l’âge de 84 ans dans la ville de Saarbrücken en Allemagne. Cinéaste et fondateur du collectif Cinema-ye Azad, il était une figure tutélaire du court-métrage et du cinéma amateur iranien du siècle dernier. À partir des années 1970, il aura dédié sa carrière à développer et faire reconnaître le cinéma underground iranien dans le monde entier. Ce texte se veut être une ouverture sur une histoire encore peu relatée chez nous : celle d’un cinéma qui, transformé par la modernité des années 1960, cherchait à s’autonomiser des normes occidentales en se construisant aux antipodes de la production qui lui était contemporaine. Empreint d’une ambition intergénérationnelle de créer un cinéma indigène capable de s’affranchir du monopole d’État, ce groupe de cinéastes s’est servi du format Super 8 pour offrir un nouvel élan au cinéma de leur temps. Nassibi et les membres du collectif Ye Azad ont aussi marqué leur époque en construisant une plateforme de diffusion et d’éducation à l’image sans précédent.

Malgré l’importance du rôle qu’ont joué Nassibi et son collectif à cet égard, aucun travail francophone semble n’en avoir encore fait la recension. Les sources sur Nassibi ne sont pas particulièrement rares, mais la plupart ne sont simplement pas traduites. En 2017, le critique iranien Hadi Alipanah a commencé un travail d’archive conséquent pour restituer l’histoire du groupe. À ce jour, son travail a permis la restauration d’un nombre important de leurs films. C’est avec son concours et celui d’Yves Rollin, ami et collaborateur du cinéaste, que ce texte a pu voir le jour. Avec leur autorisation, j'ai restitué et traduit certains de nos échanges et d’écrits qu’Alipanah n’a pas encore publié : « Bassir Nassibi, the Father of Iranian Short Film, On the Importance and Influence of Bassir Nassibi, Founder and Director of Cinema-ye Azad of Iran (1969-1979) » et « A Brief History of the Cinema-ye Azad Movement in Iran »1.

1.À noter que dû à la guerre en Iran, Hadi Alipanah dispose d’un accès limité à Internet, ce qui l’a empêché de me transmettre de nombreuses ressources. ↩︎
Portrait de Bassir Nassibi en 1975 (archives d'Alipanah).

*

Né le 6 octobre 1941 dans la ville de Kermanshah, Bassir Nassibi est le fils d’un militaire influent. À la mort de son père, la famille rejoint Téhéran, où sa mère le soutient dans ses choix de carrière artistique. Son implication dans des activités culturelles débute à l’école Badr, où lui et des camarades de classe fondent une société littéraire. C’est pendant cette période que Nassibi commence à fréquenter son cousin, le docteur Houshgang Kavoosi, éminent critique, professeur et cinéaste ayant étudié le cinéma à l’Institut des Hautes Études Cinématographiques de Paris. Après son retour en Iran, Kavoosi s’est consacré à l’enseignement du cinéma. C’est avec lui que Bassir, ainsi que son frère Nassib, apprennent l’histoire du cinéma lors de longues conversations après des projections de films.

En plus de son travail d’enseignant, Kavoosi est le créateur d’un ciné-club qui deviendra en Iran une importante plateforme de diffusion de films d’art et essai et d’avant-garde venu du monde entier. Durant cette période, Kavoosi engage régulièrement les frères Nassibi sur ses tournages et les initie à différents métiers de techniciens. Fervent défenseur d’un cinéma indépendant qui cherche à s’affranchir des conventions esthétiques et politiques de son temps, les enseignements de Kavoosi vont guider la carrière des frères, notamment ce contre quoi Kavoosi les forme, à savoir les Filmfarsi. Ce terme, encore utilisé par la critique contemporaine, servait à décrire des films de piètres qualités aux ambitions purement commerciales. Amalgame des deux termes « film » et « farsi », le Filmfarsi désigne un cinéma qui n’est ni l’un ni l’autre2.

2.Parviz Jahed, The New Wave Cinema in Iran, A Critical Study, Bloomsbury, 2002, p. 54. ↩︎

Autre rencontre importante pour les frères Nassibi : celle du réalisateur et poète Ferydoun Rahnema. Cinéaste préfigurant la nouvelle vague iranienne, Rahnema, aux côtés de Ebrahim Golestan et Farrokh Ghaffari, se sont constitués en tant que génération en partie par leur opposition farouche au Filmfarsi, qu’ils considéraient comme « méprisant envers son public cible et un affront aux potentiels pouvoirs expressifs du médium »3. En occupant des postes importants dans la culture, cette avant-garde a permis la diffusion d’un cinéma qu’ils considéraient être d’intérêt général, avant de produire les films de la génération leur succédant – ceux de Kiarostami, Beyzaie, Taghvai, entre autres.

3.Ibid, p. 137. ↩︎

La production cinématographique iranienne se déverrouille alors dans les années 1960, plus précisément en 1966, année de l’émergence d'un département consacré au cinéma au sein du ministère de la Culture, mais surtout de la télévision nationale iranienne et de son centre de recherche. Dirigé par Ranhema, ce centre lui permet de produire des documentaires plus librement. Il y intègre Nassib Nassibi, qui y produit ses premiers documentaires, avec lesquels il se démarque par son approche innovante, n’ayant aucune formation scolaire du cinéma.

Début et organisation du Cinema-ye Azad 

Les idées de Kavoosi et de Ranhema concernant un cinéma indépendant de l’influence des modèles européens ou états-uniens et allant à l’encontre des canons industriels de la production dominante iranienne nationale font leur chemin dans l’esprit de Nassibi, qui se dédie à l’élaboration d’un groupe de cinéastes. C’est sur la base d’une nécessité et d’un problème que son groupe se fonde. À cette époque, la majorité des moyens techniques de productions sont détenus par les organes de productions audiovisuels étatiques ou bien par les grands studios. De plus, l’éducation à l’image et les cursus audiovisuels sont quasiment inexistants. Partant de ces constats, Nassibi décide d’investir le format de la Super 8, alors assez répandu dans les foyers, son faible coût de production et sa prise en main facile permettant à quiconque de se l’approprier. Nombre des futurs membres du groupe s’essayaient par exemple déjà à l’expérimentation formelle lorsqu’ils enregistraient des films de famille en 8mm. 

Enfin libéré des contraintes économiques, techniques et politiques, c’est le 3 octobre 1969 que Bassir Nassibi réunit une trentaine d’amateurs (et quelques professionnels, Rahnema inclus), dans la cour de l’école maternelle « Kakh-e Koodak ». Ce soir-là sont projetés des films tournés par des étudiant·es de la faculté des arts dramatiques et réalisés par quelques un·es des cinéastes amateur·ices présent·es. Lors de sa prise de parole, Nassibi fait l’éloge du format 8mm et parle de la nécessité de créer une plateforme réunissant les cinéastes indépendant·es, annonçant ainsi son désir de former un groupe. Quelques jours plus tard, sur une idée de Rahnema, le groupe choisit son nom de Cinema-ye Azad (Le Cinéma libre).

L’idée derrière le collectif était de profiter des possibilités techniques peu coûteuse permises par le Super 8 pour produire un cinéma totalement indépendant, politiquement affirmé et aux ambitions esthétiques fortes. Le groupe Cinéma libre sert donc aussi d’école de formation. Alors que certains de ses membres comme Kayanoush Ayyari et Abozlfazl Jalili parviennent à se faire un nom au sein de la seconde vague des années 19804, beaucoup investissent leur temps dans la collecte des films et l’organisation de festivals afin de montrer les œuvres du groupe. Les efforts déployés pour y parvenir sont conséquent. Nassibi, dans son livre Dix ans de Cinema-ye Azad décrit à ce titre les débuts précaires du collectif : deux caméras Super 8 à faire circuler dans le pays, une boîte aux lettres en guise de bureau, des salles annulant les projections à la dernière minute, etc. L’enthousiasme, la débrouillardise et la solidarité avec lesquelles les membres du groupe résolvent chaque problème leur vaut peu à peu une réputation consolidant un cercle notable d’admirateur·ices.

4.Miriam Rosen, « Perspective : cinéma iranien. Après la révolution : le cinéma iranien aujourd’hui », Ciné-Bulles, vol. 13, n°4, automne 1994, p. 21. ↩︎

Les années 1970 voient le groupe s’élargir progressivement. Pour conserver un esprit de cohérence dans leurs pratiques, Nassibi et ses collaborateur·ices éditèrent plusieurs volumes d’un guide destiné aux membres. Celui-ci a pour but de les informer des événements à venir mais aussi des nouvelles pratiques développées au sein du collectif pour produire des films avec peu de moyens. Cette portée éducative et collectiviste des guides permet à ce moment au groupe de conserver une cohérence globale malgré la dispersion de ses membres.

Accroissement des activités et ambitions internationales

Les festivals organisés par le groupe gagnent au début des années 1970 le soutien officiel de la division de Fereydoun Rahnema à la télévision nationale, leur assurant une certaine légitimité facilitant la tenue des séances. Le succès de ces manifestations culturelles commence à attirer l’attention sur leur travail. En 1973, le groupe reçoit même deux offres de soutien institutionnel : la première provient du ministère de la Culture et des Arts, la seconde du directeur de la télévision nationale lui-même, Reza Ghotbi. L’intérêt de l’offre du gouvernement se limitant à la production d’œuvres promotionnelles commissionnées, le groupe choisit la seconde, qui leur permet de préserver leur indépendance artistique. 

Grâce à ce nouveau contrat, le groupe ye-Azad établit un bureau central à Téhéran dans lequel est entreposé une grande part du nouvel équipement fourni par la télévision : caméras 8mm, matériel de montage, de prise de son, pellicules vierges, etc. Toutes ces ressources sont ensuite redistribuées à des bureaux régionaux répartis dans tout le pays, provoquant un accroissement consubstantiel des activités. Pendant cette période, la structure du groupe s’organise progressivement, se divisant en plusieurs sections, avec des responsables des ciné-clubs et d’autres personnes s’occupant de créer de plus petits festivals pour des branches locales.

Le collectif connaît alors une notoriété nationale au travers de deux programmes télévisés, produits par Bassir Nassibi avec la participation de plusieurs membres du groupe : Aghaz (« Début »), présentant de jeunes artistes issus de diverses disciplines artistiques, et Cinema-ye Azad, émission dédiée aux activités du groupe. Entre 1974 et 1977, pas moins de 200 épisodes sont réalisés, Cinema-ye Azad devenant l’une des émissions les plus populaire de la télévision iranienne, souvent diffusée en prime time. La présence médiatique du groupe persiste ainsi jusqu’en 1978 avec le programme cinema cinema produit par le président des ciné-clubs ye Azad Mohammad Moghaddam. Mais aussi avec la publication d’une revue spécialisée sur la forme courte et le cinéma amateur en Iran. Dans la lignée des bulletins internes au groupe, cette revue contient des rapports sur les activités du collectif, des textes didactiques mais aussi des traductions de textes sur le cinéma.

À ce moment, Ye Azad compte pas moins de 20 bureaux dans tout le pays. Avec un tel niveau de professionnalisation, la télévision commence à financer plus largement les productions du groupe. En 1974 est coproduit le premier long-métrage du collectif, et plusieurs de ses membres produisent aussi leur propre film avec le soutien de la télévision nationale. Behnam Jafari réalise Mir Nasir va Gooleh Negoonbakht (Mir Nasir et le génie maudit, 1974), ainsi que les documentaires Khooneh Darya (Le Sang de la mer, 1976) et Harim-e Mehr (Le Sanctuaire de l'affection, 1977) ; Kianoush Ayari signe le documentaire expérimental Nabz Ghatar (Le Pouls du train, 1976) ; Naser Gholamrezaei met en scène le long-métrage Che Por Setareh Bood Shabam (Comme ma nuit était étoilée, 1976) ; Shahriar Parsipour produit Bahar Pshteh Panjareh (Bahar derrière la fenêtre) ; et Farhad Pourazam achève Va Donbaleh Darad Shab (Et la nuit continue, 1978). Hassan Bani-Hashemi et Mehrdad Tadayyon réalisent quant à eux de nombreux documentaires télévisés pour la télévision nationale.

Le Cinema-ye Azad devient alors l'un des incubateurs les plus vitaux pour la nouvelle génération de cinéastes iranien·nes. Les dirigeant·es de la télévision — et notamment Reza Ghotbi — sont pleinement conscient·es du potentiel du mouvement et s'appuient même sur lui comme source de talents émergents. L'expansion du Cinema-ye Azad est telle que son Ciné-club de Téhéran compte à ce moment plus de deux mille membres. Les antennes régionales à travers le pays rassemblent elles aussi plusieurs centaines de membres chacune. Ces Ciné-clubs ne se contentent d’ailleurs pas de projeter les productions du Cinema-ye Azad : ils sont également des espaces incontournables pour la diffusion des œuvres majeures du cinéma iranien et international moderne.

Nasir va Gooleh Negoonbakht (Mir Nasir et le Génie maudit, 1974)

En collaboration avec les ambassades allemande, états-unienne et française — ainsi qu'avec des institutions telles que l'Iran-America Society et le Goethe-Institut — le Cinema-ye Azad organise des rétrospectives consacrées à des cinéastes majeurs comme Robert Bresson, Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Melville, dont beaucoup sont projetés en Iran pour la première fois. Aux côtés des œuvres phares de la Nouvelle Vague iranienne émergente, les Ciné-clubs du collectif accueillent également les seules projections publiques de certains des films indépendants les plus méconnus du pays. Parmi les exemples les plus notables figurent Ketab-e Margh (Le Livre de la mort) de Faramarz Moattar et Hekayat-e Kooch Be Ravayat-e Velayat-E Gorbat (Le Récit de la migration raconté par la province de l'exil) de Hormoz Nazemzadeh.

En 1975, parallèlement au septième festival Cinema-ye Azad, le mouvement organise la première édition du Festival international du film Super 8. La participation de cinéastes amateur·ices venu·es d'autres pays et la projection de leurs œuvres permettent non seulement aux cinéastes iranien·nes de rencontrer des pair·es partageant leurs convictions à l'étranger, mais laissent également les invité·es étranger·es stupéfait·es par la qualité et l'ampleur des productions iraniennes. Les cinéastes amateurs belges Marcel Croes et Robert Malangreau, qui ont fait le voyage en Iran pour assister au festival, publient à ce sujet un article intitulé « Dans le cinéma Super 8, les Iraniens sont nos grands frères » dans Le Soir de Bruxelles, daté du 27 novembre 1975, relatant leur expérience au sein de la communauté du Cinema-ye Azad.

Cette première rencontre conduit à la fondation de la Fédération internationale du Super 8, initiée par Basir Nasibi et co-fondée par Marcel Croes et Robert Malangreau (Belgique), Yves Rollin (France), Marty Damen (Pays-Bas) et Enric López Manzano (Espagne). À partir de sa deuxième édition, le Festival international du film Super 8 devient l'une des activités officielles de la Fédération, servant non seulement de plateforme de diffusion des films Super 8 du monde entier, mais aussi d'espace d'échange professionnel entre cinéastes amateur·ices et lieu d'accueil du Séminaire mondial du cinéma amateur.

Les chemins de l’exil

Quelques mois seulement après la révolution iranienne de 1979, les locaux du groupe sont investis par la nouvelle direction de la Télévision nationale iranienne, rebaptisée Radio-télévision de la République islamique d’Iran. Les membres fondateurs du mouvement, parmi lesquels Basir Nassibi, sont alors remplacés par des cinéastes ralliés au nouvel agenda révolutionnaire. Comme beaucoup de figures culturelles de l'époque, Nassibi quitte rapidement le pays. À la suite d'une réunion convoquée par les nouveaux administrateurs de la télévision nationale, les membres restant·es du collectif comprennent de leur côté qu’iels ne peuvent plus poursuivre leur travail avec la même liberté créative qu’auparavant, et décident collectivement de dissoudre le groupe en mai 1979. Dans le sillage de la révolution, les cinéastes et administrateurs nouvellement nommés tentent de poursuivre des activités similaires sous le nom de Bureau islamique du cinéma amateur, installé dans les anciens locaux du Cinema-ye Azad. Cette initiative ne survit toutefois guère plus d'un an avant d'être définitivement fermée. De leur côté, l'ensemble des films et des archives originales du collectif sont aujourd'hui considérés comme perdus. On ignore toujours si ces matériaux sont conservés quelque part dans un recoin oublié d'une archive, ou s'ils ont été irrémédiablement détruits.

De nos jours encore, de nombreux·ses cinéastes, directeur·ices de la photographie, acteur·ices, monteur·ses, décorateur·ices et technicien·nes du cinéma iranien revendiquent une filiation avec le mouvement du Cinema-ye Azad. L'éthique du collectif, sa formation et son esprit d'indépendance semble continuer de façonner les processus créatifs du cinéma iranien contemporain. Exilé en Allemagne, Bassir Nassibi a pour sa part poursuivi son travail de transmission du cinéma amateur. On le retrouve notamment dans le jury de certains festivals de films tournés en Super 8, dans les années 1980 et 1990. Avant son décès en février dernier, il s’est surtout attelé à faire découvrir le cinéma iranien au public européen et a tenté de réunir, non sans difficulté, les cinéastes du collectif en exil lors d’un symposium intitulé Loin de la maison, en avril 19955.

5.Voir Mojdeh Famili, « Le cinéma fait son dialogue : Chronique d’un symposium », CEMOTI, Cahiers d’Etudes sur la Méditerranée Orientale et le monde Turco-Iranien, n°20, 1995, pp. 370-379. ↩︎
Projection de films du Cinema-ye Azad au Festival de Shiraz en 1975 ou 1976 (archives d'Alipanah).
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Notes

1.
À noter que dû à la guerre en Iran, Hadi Alipanah dispose d’un accès limité à Internet, ce qui l’a empêché de me transmettre de nombreuses ressources. ↩︎
2.
Parviz Jahed, The New Wave Cinema in Iran, A Critical Study, Bloomsbury, 2002, p. 54. ↩︎
3.
Ibid, p. 137. ↩︎
4.
Miriam Rosen, « Perspective : cinéma iranien. Après la révolution : le cinéma iranien aujourd’hui », Ciné-Bulles, vol. 13, n°4, automne 1994, p. 21. ↩︎
5.
Voir Mojdeh Famili, « Le cinéma fait son dialogue : Chronique d’un symposium », CEMOTI, Cahiers d’Etudes sur la Méditerranée Orientale et le monde Turco-Iranien, n°20, 1995, pp. 370-379. ↩︎